Demain

By: jeromebodonclair

nov 13 2009

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Category: Godot

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Demain soir donc, Concept App’Art où mon label est invité. J’ai choisi aujourd’hui de vous présenter une des deux oeuvres que je présenterai. La semaine prochain, si vous êtes sage, et à l’occasion de la seconde soirée carte blance à Grenoble, je vous détaillerai un peu Attendre, la deuxième oeuvre que je proposerai. En attendant … RUMEUR :
J’ai eu l’idée de {Rumeur #01} il y a déjà quelques années et l’invitation du Collectif Sans Titre va me permettre de réaliser cette expérience sonore. En effet, la réflexion engagée par Sans Titre, sur l’appartement, la résidence primaire/secondaire s’inscrit parfaitement dans mes recherches à la fois sur le silence et sur le temps. Ainsi, l’idée souche de {Rumeur #01} est de créer un événement sonore, voire musical, à partir d’un matériau des plus réduits, les sons générés à la fois par les occupants du lieu investit et les sons générés par le lieu lui-même. Par la diversité des sources (discutions, consommations de mets, de boissons, ronflements, sifflements mais aussi, chasse d’eau, bruits de portes, tuyauterie etc …) un matériau très riche se donne au performer qui va le traiter en direct par le biais d’effets très variés. Un des objectifs de la pièce est donc de révéler l’intérêt, la richesse des sons qui nous entourent, un peu à l’image de fantômes qui hanteraient l’appartement. Dès lors, l’utilisation de tout un réseau de micros « espions » cachés (dans le mobilier par exemple) ou non (idée/envie d’un « arbre à micro » dans la pièce principale) s’impose ainsi que la
nécessité de définir des champs de prospection, de récolte des sons. Une attention particulière devra être accordée à la sélection des micros employés, choisis pour leur largeur de spectre, qu’ils soient micros d’ambiance, ou micros très orientés, unidirectionnels. Un large échantillon de qualités de micros pourrait aussi être souhaitable dans le souci d’enrichir le matériau. Qu’on le veuille ou non, un micro n’est jamais totalement neutre et il agit comme premier filtre en influant sur le rendu du matériau sonore.
Du point de vue des effets appliqués, ils devront s’engager dans la réflexion temporelle qui m’obsède depuis quelques années. En effet, il deviendra alors intéressant de créer des sons longs et pleins (à l’image par exemple d’ondes), propices à la création de polyphonies sonores. Ainsi, l’idée est de prolonger presque ad libitum, des instants du quotidien qui par définition s’inscrivent dans un présent fugace, basculant instantanément dès consommation dans le passé. Par le traitement du matériau « instant du quotidien », le performer doit l’allonger considérablement afin de créer l’illusion d’un présent étendu, dilaté, un présent figé qui ne tombe pas dans le passé. Par ailleurs, une attention particulière devra être accordée à la superposition des instants affectés, accumulés en couches de temps, un temps désormais vertical, contrastant avec sa vision horizontale traditionnelle. Les nouveaux sons obtenus devront être diffusés directement dans le lieu investit, s’immisçant alors dans l’espace d’exposition, matériau brut et traité se mélangeant à mesure.
{Rumeur #01} est une invitation pour le public à prendre conscience des sons qui nous entourent, de leur richesse et de leur potentiel. Par ailleurs, la pièce est aussi une réflexion sur le temps dans sa fugacité, et le fantasme d’un figement temporel.
Jérôme Bodon-Clair {21.09.2009}

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