Archipel

Le blog de Jérôme Bodon-Clair

Archive pour Steve Reich

Filigrane

bandeau2

Petit billet matinal pour signaler la parution d’un de me importants articles sur Steve Reich dans la revue scientifique Filigrane dirigée par les éminents Joëlle Caullier, Jean-Paul Olive, Makis Solomos et Jean-Marc Chouvel. Steve Reich une fois de plus, mais abordé cette-fois ci par un autre angle, celui de sa relation à la judéité. L’article dépasse donc le point de vue strictement musical et déborde sur le philosophique, le politique, le religieux, la psychologie aussi. Par ailleurs, tout l’épais volume de ce neuvième numéro de Filigrane est consacré à « je, nous, on », ce qui présage de belles et intéressantes lectures. Pour ceux que cela intéresse (même si vous n’êtes pas musicologues par ailleurs), c’est ici … Enfin, en guise de fin, le résumé de mon article. Bien à vous :

Jérôme Bodon-Clair : « La question du judaïsme chez Steve Reich : dépersonnalisation, personnalisation, universalité »

De Tehillim (1981) à The Cave (1993), la démarche artistique de Steve Reich (né en 1936) semble se développer parallèlement à une quête identitaire profonde. En effet, alors peu concerné par la religion, le New-Yorkais décide en 1974 de s’intéresser à ses racines juives et pendant une période de 20 ans, cette interrogation, de et sur, sa judéité ne cessera de contaminer ses compositions. Ainsi, après une nécessaire période d’apprentissage, Reich écrit en 1981, sa première oeuvre d’inspiration religieuse, Tehillim, en s’inspirant des psaumes. Ce premier essai s’avère déterminant et s’il n’interroge finalement « que » le rôle du compositeur par rapport à une tradition, ouvre à Reich, qui pour la première fois fait entrer le texte dans son art, une foule de possibles compositionnels. Different trains (1988) questionne Reich sur sa condition de juif et met en parallèle son histoire personnelle avec l’Histoire majuscule (l’holocauste) d’un peuple opprimé. Avec la découverte primordiale de la speech melody (basée sur des interviews), le compositeur glisse du personnel au collectif, du je au nous (entendre « nous peuple juif »). Enfin, avec The Cave (1990-1993), Reich va finir par considérablement étirer la problématique religieuse pour la délayer dans des considérations plus universelles. Avec cet opéra/documentaire pour le moins novateur, le New-Yorkais s’ouvre définitivement à l’humain, couronnant une trajectoire tout en variations de plans, du je au nous puis au on, du personnel à l’universel.

Publicités

Steve Reich

539w

Pour les néophites comme pour les spécialistes, Arte a proposé et propose toujours jusqu’au 6 octobre, un très bon documentaire en guise de rétrospective d’un oeuvre passionnant … Steve Reich à nu c’est ici !!!

La route …

2006_voyage-states_0804.JPG_680

En janvier sur les planches de ce cher théâtre de Roanne, je me joins à François Podetti pour vous livrer quelques pages de littérature américaine. Petit texte descriptif :

La route …

L’errance dans la littérature américaine

La route, les routes … Tant d’asphalte parcouru, de poussière soulevée, tant de vies croisées, entrevues, rencontrées. Des Joad de Steinbeck, aux survivants de McCarthy, en passant par les « clochards célestes » de la beat generation, la littérature américaine ne cesse de choyer ses vagabonds mystiques, mythiques figures de l’errance, Sisyphes des grands espaces, personnages aspirés, avalés par cette route poussiéreuse qui n’en finit pas de se dérouler.

C’est donc par la route, que François Podetti (comédien, metteur en scène) et Jérôme Bodon-Clair (compositeur, musicologue) ont choisis de remonter un siècle de littérature américaine, de New-York à Chicago, de Boston à la cité des anges, s’égarant dans les œuvres de Jack London, Jack Kerouac ou Cormac McCarthy. Et c’est dans la musique, compagne naturelle de l’errance, que les textes trouveront l’écho légitime de leur amertume. Une soirée découverte donc, en partance pour cet ailleurs volontiers vaporeux, les limbes promises ou fantasmées, à portée de roues, au bout de la route …

Conférence OMF/Sorbonne (suite)

Pendulum Music

Pendulum Music

Si la conférence de ce samedi en Sorbonne et portant sur Earle Brown et son rapport à la mobilité (à travers l’influence de Jackson Pollock et Alexander Calder notamment) a été reportée, il semblerait que la conférence de mardi 24 mars soit confirmée. Rendez-vous donc en salle des Actes (54 rue Saint-Jacques – 75005 Paris) à partir de 14h pour une conférence sur la notion de fin dans la process music de Steve Reich (intervention dans le cadre des 6èmes rencontres de l’OMF/Paris Sorbonne).