Archipel

Le blog de Jérôme Bodon-Clair

Archive pour temporalité

Pas

Pour bien finir l’année, vous dire qu’après de longs moments d’introspections et de recherches, j’ai enfin réussi à synthétiser bon nombre de mes travaux sur le temps en une oeuvre. En effet, avec Pas – qui est certainement la première pièce d’une série – je suis parvenu à assouvir une certaine idée de mon fantasme de figer le temps, et de compiler les temps, fantasme que j’entretiens depuis quelques années et qui recoupe fatalement pléthore de mes oeuvres qu’elles soient musicales (par exemple A Berliner overture ou Rond d’eau …), littéraires (L’horizon, L’infini, L’attente …) ou plastique (Attendre, bon nombre de mes toiles sans prétention).

Dès lors, pourquoi cette oeuvre précise est si importante à mes yeux ? On pourrait glauser longuement mais un post de blog nécessite le condensé, donc cette nouvelle oeuvre est importante car c’est une compilation de temps différents et d’échelles différentes ; en effet, en utilisant une paire de chaussure usagée que j’ai longtemps portée, j’insère une temporalité personnelle, une dimension autobiographique, comme on se raconte sans dire un mot. Puis le pas, le temps d’un pas, un temps microscopique donc, dans le mouvement, poser un pied après l’autre, et ici ce mouvement est figé, en mode pause. Le temps de l’histoire (histoire de l’art en l’occurrence) aussi avec l’utilisation du dripping comme clin d’oeil à Jackson Pollock : en déversant de la peinture de la sorte je fais référence à cette histoire de l’art si importante, à la révolution Pollock que, par mes recherches universitaires je connais bien. Ce clin d’oeil renvoie aussi à une temporalité, celle de l’action painting ; ce n’est plus une peinture du représenté, avec une matière prédéfinie, mais réellement une matière temps que je déverse dans l’espace de l’oeuvre, le cumul des couches renvoyant encore à une autre temporalité, dans l’épaisseur de leur cumul.

Au final, une oeuvre plastique importante et qui préfigure certainement une série (je garde avec attention bon nombre d’objets du quotidien usagés), et 2010 qui se profile alléchée … bien à vous, meilleurs voeux ///

Publicités

Retour des vieux démons

Septembre rime donc cette année avec le retour à la peinture … A l’huile majoritairement mais aussi quelques expériences à l’acrylique. 
Un phare de convivialité au milieu de la morosité amiante

détail

Un phare de convivialité au milieu de la morosité ambiante

Tout recommença avec la demande de l’ami Jules qui datait de déjà bien trop longtemps et l’opportunité d’un support peu commun.

Pensé comme un phare (ou une bouteille d’alcool anisé au choix, image de l’apéritif) au milieu de la morosité ambiante, l’être convivial inonde de ses traits dorés le noir, la pénombre qui l’entoure.

 

Peint sur un sens interdit (le support ajoutant encore plus à la symbolique), cette allégorie de la convivialité, comporte quelques écrits poétiques cachés ou non, lisibles ou à deviner …

 

 

 

Puis vint l’idée d’une série autour d’un notion peu facilement traduisible en français : « Rise and fall » (la montée, la chute). Les traits colorés du Ricphare s’alongent et un véritable désir de travailler la matière pour lui donner une directionnalité nait. La directionnalité du matériau guide l’oeil, l’oriente malgré lui et insiste sur l’idée de chute … un certain goût pour la verticalité …

"U.S.A"

 

  Rise & fall #01 _ « U.S.A » où l’on retrouve une certaine idée du drapeau des Etats Unis, mais dans une version destructurée, les étoiles ont disparues, les bandes rouges sont rongées et craquellent. Encore une fois un travail dans la matière, des superpositions de techniques, et une lumière d’un blanc cru au loin.

 

 

"Ombre et lumière"

 

  Rise & fall#02 _ « Rain » avec son trou béan et l’idée pour moi d’utiliser d’anciens supports, de vieilles toiles que j’avais peint il y a déjà des années. C’est le cas ici avec cette toile lyonnaise et ce trou ouvert une nuit à l’aide de la flamme. Les traits sont alongés et coulent ou remontent avec une espèce d’ambiguité malsaine. Encore une source lumineuse en hauteur …

 

 

"Frontier"

 

  Rise & fall #03 _ « Frontier ». Travail sur l’idée de frontière qui divise deux mondes colorés, deux techniques aussi (huile et acrylique), deux matières, deux brillances. Encore cette verticalité, et cette impression de pluie corosive qui s’abat … Une introspection du noir aussi que l’on remarque assez mal sur la photo à cause de la brillance …

 

Troisième gros point « Un ressentiment : Afrique(s) » propose de parler de l’Afrique, des Afriques … L’idée m’était venu à mon retour du Brukina Faso l’an dernier de dépeindre mes sentiments sur ce continent ambigü et l’idée d’une toile d’ne noirceur inquiétante. L’oeuvre se présente en 12 toiles ; vision d’une Afrique avant tout fragmentée, déchirée, étriquée … Mais aussi la couleur, les couleurs, synonymes de richesses. Par l’emploi de nouveau du recouvrement d’anciennes toiles, on voit apparaitre, par jeu de lumière, sous les couleurs les contours de l’Afrique, ses côtes, ses lacs, cours d’eau … mais aussi par un jeu de matière ses plaies, ses blessures, les impacts de balles …

Afrique(s)

Afrique(s)

 

 

 

Faites SVP abstraction des journaux, tout ceci n’étant pas sec … Bientôt une photo de la fresque affichée sur un vrai mur.

 

 

 

Enfin, pour terminer, un petit jeu d’impression, premier d’une série : « Empreintes #01 », traces à l’acrylique sur papier Canson. Toujours l’idée de reprise d’anciens travaux (ici un vieux qudrillage réalisé au collège je crois) … Une façon de penser le temps.

Empreinte #01

Empreintes #01

 

 

 

 

 

 

 

Ces travaux picturaux m’influencent énormément dans ma façon de penser la musique et son matériau … Bref, encore une fois tout est connecté et la musique n’est qu’une infime parcelle de tous les moyens d’expression à disposition … Bien à vous ///